Communiqué
pour diffusion immédiate

Le BAPE doit dire «non» à la centrale thermique Le Suroît à Beauharnois
L’Union des consommateurs dénonce le manque de transparence d’Hydro-Québec

Montréal, le 8 octobre 2002 – Accusant Hydro-Québec Production de chercher à tromper la population sur ses justifications réelles, l’Union des consommateurs, dans un mémoire présenté aujourd’hui, demande au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) de recommander le rejet pur et simple du projet de centrale thermique au gaz naturel Le Suroît à Beauharnois et réclame la tenue d’une audience générique sur la production thermique.

Selon l’Union des consommateurs, la «marge de manoeuvre» évoquée par Hydro-Québec Production pour justifier son projet cache essentiellement des desseins d’exportation. Dans la situation actuelle de surplus et alors que les autres projets de construction totalisent 6,6 milliards $, l’insistance d’Hydro sur le fait que l’électricité produite par la nouvelle centrale transitera par le réseau desservant la charge locale, a tous les airs d’un subterfuge permettant d’évaluer la rentabilité du projet au coût moyen de production, plutôt qu’au coût marginal. «En d’autres mots, on demande aux consommateurs de subventionner les exportations» note Manon Lacharité, analyste en énergie pour l’Union des consommateurs.

L’Union des consommateurs précise cependant qu’il ne s’agit ici que de présomptions, car les explications fournies par Hydro-Québec Production baignent dans l’opacité, la société d’État se réfugiant derrière le secret commercial dès que les intervenants osent questionner certains chiffres. L’organisme note que ce projet de centrale thermique constitue une belle démonstration du manque flagrant de transparence qui découle de la Loi 116, qui a scindé Hydro-Québec en trois entités (Production, Transport et Distribution) et qui a soustrait Hydro Production de l’examen de la Régie de l’énergie.

«Dans une optique de développement durable, la transparence devrait être de rigueur pour tout projet de construction. C’est encore plus fondamental lorsqu’il s’agit de choix pour lesquels la population n’a pas été consultée, comme dans le cas du virage vers la production thermique, ou encore, des projets essentiellement destinés à l’exportation» note pour sa part la directrice de l’Union des consommateurs, Nathalie St-Pierre. «Voulons-nous, comme consommateurs, financer des centrales thermiques polluantes simplement pour satisfaire la gloutonnerie énergétique de nos voisins du sud?» Dans le contexte de l’accord de Kyoto, l’organisme juge le projet de centrale Le Suroît incongru et indécent. Il s’inquiète de la multiplication d’autres projets de centrales thermiques, dont celui de Varennes retenu dans les appels d’offres d’Hydro Distribution, sans débat public.

L’Union des consommateurs suggère qu’Hydro-Québec retourne à sa table à dessin et se trouve une «marge de manoeuvre» à même des projets d’efficacité énergétique et d’énergie éolienne. Avec une efficacité pour Le Suroît d’environ 58% seulement, l’association de consommateurs ironise en demandant à Hydro Production de plutôt subventionner le chauffage des bâtiments au gaz naturel, où l’efficacité peut atteindre 90% et plus.

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Source : Nathalie St-Pierre, directrice générale (514) 521-6820

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