Communiqué
pour diffusion immédiate

Hausse de tarif d’Hydro
L’Union des consommateurs est déçue

Montréal, le 15 décembre 2003 – L’Union des consommateurs se dit à la fois peu surprise et déçue de la décision de la Régie de l’énergie d’accorder, dès le premier jour de 2004, une hausse de tarif de 3% à Hydro-Québec. Pour les consommateurs, cette nouvelle ponction de près d’un quart de milliard de dollars n’est pas vraiment un cadeau!

L’Union des consommateurs, qui craint une seconde hausse dès avril, continue de croire que les demandes d’Hydro étaient injustifiées et que le prétexte d’un «déficit du distributeur», alors que l’entreprise intégrée fait des profits record d’environ deux milliards par an, constitue une astuce du gouvernement pour pomper plus d’argent dans les poches des contribuables et financer ses baisses d’impôt.

L’Union des consommateurs prend bonne note, dans la décision rendue aujourd’hui, de l’insistance d’Hydro-Québec et de la Régie de l’énergie à parler d’un éventuel programme visant à atténuer l’effet de la hausse de tarif sur les ménages à faible revenu. Il s’agit bien là de la preuve que la hausse accordée, et les autres qui risquent de suivre, sont effectivement disproportionnées par rapport à la capacité de payer de ces ménages. Par ailleurs, l’idée qu’un tel programme d’aide soit basé sur des tarifs modulés en fonction d’une faible consommation d’électricité parait farfelue. Les familles moins nanties, qui vivent souvent dans des logements plus énergivores, risquent, par cette logique, de subir une hausse encore plus importante!

Ce qui désole par dessus tout l’Union des consommateurs avec ces hausses, c’est le fait que le processus réglementaire ne tienne pas compte du pan le plus important et le plus rentable d’Hydro-Québec: la production. En soustrayant Hydro Production de l’examen de la Régie de l’énergie, la loi 116 a fait en sorte que la fixation des tarifs et tout le développement énergétique du Québec échappent désormais à un débat public honnête et transparent.

Ces hausses de tarifs injustifiées, jumelées au plan de développement récemment dévoilé par Hydro qui prévoit des investissements gigantesques pour produire et exporter plus d’électricité, confirment un virage commercial visant essentiellement à faire d’Hydro une méga-vache à lait. Comment s’étonner, dès lors, qu’Hydro fasse si peu de place à l’efficacité énergétique dans ses plans? Le gouvernement a tout intérêt, au contraire, à ce que l’entreprise vende toujours plus d’électricité. Comment mesurer, aussi, la rentabilité réelle des exportations, en tenant compte des coûts environnementaux que ces choix de développement impliquent nécessairement?

L’Union des consommateurs rappelle que sa position actuelle en faveur d’une plus grande transparence en matière de développement énergétique était partagée par Jean Charest lorsqu’il était chef de l’opposition et qu’il s’opposait à l’adoption de la loi 116 par le gouvernement Bouchard. L’organisme met Jean Charest au défi d’agir dans la transparence et réitère que seule l’abrogation de cette Loi permettra un débat serein sur les tarifs d’électricité et sur l’avenir énergétique du Québec.

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Sources: Charles Tanguay, responsable des communications
et Ronald O’Narey, analyste, politiques et réglementation en matière d’énergie
(514) 521-6820

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