Communiqué
pour diffusion immédiate

La Régie de l’énergie met la table pour les augmentations d’Hydro Distribution
L’Union des consommateurs est amèrement déçue

Montréal, le 22 mai 2003 – L’Union des consommateurs est amèrement décue de la décision de la Régie de l’énergie, rendue aujourd’hui, dans la cause tarifaire du Distributeur d’électricité. Cette décision approuve l’essentiel des principes réglementaires et des méthodes comptables proposés par Hydro et qui s’appliqueront à l’examen des demandes d’augmentation de tarif d’Hydro Distribution, lors de la seconde phase de cette cause tarifaire.

Malgré les représentations de l’Union des consommateurs lors des audiences, la Régie a choisi d’appliquer à la lettre le cadre réglementaire qui découle de la loi 116, cadre qui permet de baser tout l’exercice sur un soi-disant «déficit» d’Hydro Distribution, alors que dans les faits, Hydro-Québec demeure intégrée et fait des profits records. «En acceptant de jouer ce jeu les yeux fermés, la Régie de l’énergie s’écarte d’un pan fondamental de sa mission, soit de veiller à l’intérêt public et à la protection du consommateur» commente Manon Lacharité, analyste de l’Union des consommateurs en matière d’énergie.

Selon l’Union des consommateurs, la phase 2 des audiences n’apparaît plus qu’une simple formalité. La décision d’aujourd’hui met en effet la table pour une succession de hausses de tarifs qui permettront à Hydro-Québec d’empocher des profits supplémentaires de plusieurs centaines de millions de dollars par année. La société d’État n’aurait jamais osé rêver d’un tel rendement avant la création de la Régie de l’énergie!

Ces hausses de tarifs ne se justifient que par des tours de passe-passe comptable et s’ajouteront aux bénéfices de la division non-réglementée d’Hydro-Québec, la production.

Par sa décision, la Régie a implicitement accepté de se faire l’instrument de la mise en place d’un cadre réglementaire caractérisé par un manque de transparence chronique et qui conduit à des hausses de tarifs aux seules fins d’augmenter encore et toujours le rendement d’Hydro-Québec… et les dividendes au gouvernement. «C’est toute l’idée de l’utilisation des sociétés d’État comme vaches à lait qui doit être questionnée dans un tel contexte, alors que ces profits supplémentaires proviendront non pas des exportations aux Américains, mais bien des poches des consommateurs québécois» de rajouter Manon Lacharité.

L’Union des consommateurs entend maintenant mener le débat dans l’arène politique. Elle endosse la pétition que fait circuler actuellement l’ACEF des Bois-Francs, demandant l’abrogation de la loi 116, et invite les citoyens à faire de même.

L’organisme de défense des consommateurs rappelle qu’en juin 2000, le parti libéral de Jean Charest s’était vigoureusement opposé à l’adoption de la loi 116. Au nom de la transparence, un thème cher à l’équipe nouvellement élue, le gouvernement doit mettre fin à cette mascarade et revoir entièrement le cadre réglementaire de l’électricité au Québec.

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Sources: Charles Tanguay, agent de communication
et Manon Lacharité, analyste, politiques et réglementation en matière d’énergie
(514) 521-6820

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