Communiqué
pour diffusion immédiate

Sondage Léger Marketing:
Trois Québécois sur quatre préfèrent un gel des tarifs d’électricité à d’éventuelles baisses d’impôt

Montréal, le 15 octobre 2003 – La vaste majorité des Québécois jugent déraisonnable la hausse de tarif de 6% demandée par Hydro-Québec et trois Québécois sur quatre souhaitent que le gel des tarifs soit maintenu, quitte à ne pas bénéficier d’éventuelles baisses d’impôt. Voilà ce qui ressort d’un sondage Léger Marketing commandé par l’Union des consommateurs à l’approche des audiences de la Régie de l’Énergie, qui tranchera la demande d’augmentation des tarifs d’Hydro-Québec.

Les résultats
Sachant qu’Hydro-Québec s’était engagée à maintenir gelés les tarifs d’électricité jusqu’en 2004 et qu’elle a maintenant l’intention d’appliquer deux augmentations successives aux tarifs d’électricité, soit une première de 3% en début d’année et une seconde de près de 3% au mois d’avril, pour un total de 6% en 2004, 85% des Québécois estiment qu’une telle augmentation est déraisonnable. Seulement un Québécois sur dix (10%) qualifie l’augmentation proposée par Hydro-Québec de raisonnable tandis que 5% ne se prononcent pas sur cette question.

L’analyse des résultats en fonction du revenu familial brut démontre que cette forte tendance à trouver déraisonnable l’augmentation exigée par Hydro-Québec est la même, que les répondants aient des revenus familiaux élevés ou faibles.

De plus, sachant qu’Hydro-Québec a réalisé en 2002 des profits record de 1,6 milliard de dollars et que les augmentations demandées d’environ 500 millions de dollars par année permettraient au gouvernement d’accorder des baisses d’impôt, 76% des Québécois interrogés préfèrent le maintien du gel des tarifs d’Hydro-Québec à d’éventuelles baisses d’impôt. Seulement 14% se disent prêts à subir une hausse de tarifs pour bénéficier d’éventuelles baisses d’impôt, tandis que 10% des répondants ne se prononcent pas sur cette question.

La tendance à préférer le maintien du gel des tarifs d ‘électricité et ne pas bénéficier d’ éventuelles baisses d’impôt est la même selon que les Québécois sondés aient des revenus familiaux élevés ou faibles.

Le sondage Omnibus a été réalisé par téléphone, auprès d’un échantillon représentatif de 1001 Québécois, du 1er au 7 octobre 2003. La marge d ‘erreur maximale est de 3,1%, 19 fois sur 20.

Selon Manon Lacharité, analyste en énergie à l’Union des consommateurs, «les résultats de ce sondage démontrent clairement que l’électricité à prix abordable fait partie des acquis sociaux. Le sondage démontre aussi à quel point le gouvernement fait fausse route avec sa promesse de baisses d’impôts surtout si cela implique, en contrepartie, une augmentation injustifiée du prix d’un service essentiel comme l’électricité. Dans ce même ordre d’idée, l’Union des consommateurs questionne aussi l’utilisation à outrance des sociétés d’État comme sources de revenus supplémentaires.

Les Québécois ne sont pas dupes. Piger dans la poche gauche du consommateur en augmentant, entre autres, les tarifs d’électricité pour remettre éventuellement cet argent dans la poche droite du contribuable sous forme de baisses d’impôt ne fait qu’appauvrir davantage les ménages les plus démunis sans vraiment augmenter l’argent disponible pour la classe moyenne. Seuls les ménages les plus riches sont susceptibles de sortir gagnants de ce tour de passe-passe comptable, qui s’apparente, dans le cas de l’électricité, à l’introduction à vie d’une taxe déguisée à même nos tarifs.»

En effet, l’Union des consommateurs rappelle que la hausse combinée de 6% n’est aucunement justifiée pour améliorer la qualité du service, renforcer le réseau de distribution ou couvrir les coûts de nouveaux approvisionnements, par exemple. Ces premières hausses serviront uniquement à augmenter artificiellement le rendement d’Hydro-Québec à même nos tarifs.

L’Union des consommateurs entend continuer à dénoncer, tant sur la scène politique que réglementaire, le caractère injustifié de ces hausses de tarifs et à réclamer un débat public sur notre avenir énergétique.

-30-

Sources:
Brigit-Alexandre Bussière
Union des consommateurs
(514) 521-6820

Manon Lacharité
analyste, politique et réglementation en matière d’énergie
Union des consommateurs
(450) 641-2709

Partager

[fb_like]

Laisser un commentaire