Communiqué

Assurance médicaments
L »Union des consommateurs interpelle le ministre Bolduc

Québec, le 27 mai 2011- Forte de 171 appuis d »organisations communautaires et syndicales, l’Union des consommateurs a présenté, aujourd »hui lors d »un point de presse à Québec en compagnie du député Amir Khadir, sa demande au ministre de la Santé, Yves Bolduc, de remplacer le régime hybride actuel d’assurance médicaments par un régime entièrement public.

Deux raisons imposent ce choix pour les centaines de milliers de personnes revendiquant un tel régime: il est urgent que le gouvernement reprenne le contrôle sur le coût et les dépenses en médicaments. Les Canadiens paient 30% de plus que dans les autres pays de l’OCDE pour leurs médicaments et le Québec est la province enregistrant la croissance des dépenses en médicaments la plus importante au Canada. Par exemple, le coût en médicament par habitant est au Québec 57% plus élevé qu’en Colombie-Britannique. Les pays qui ont adopté un régime entièrement public d’assurance médicaments (France, Royaume-Uni, Suède, Australie, Nouvelle-Zélande) ont des prix 24% à 48% moindres qu’au Québec et une croissance annuelle de leurs coûts 2 à 3 fois inférieure à la nôtre… Des chercheurs canadiens ont démontré, dans un argumentaire économique paru en septembre 2010, qu’un régime universel permettrait au Québec d’économiser 1 milliard $ par an. En abolissant certaines politiques de soutien à l »industrie pharmaceutique, ces économies pourraient se chiffrer jusqu »à 3G$.

Un changement de régime permettrait également de rétablir l’équité et de garantir l’accès aux médicaments. En effet, à l’heure actuelle, on observe des écarts de prix atteignant jusqu »à 107% pour un même médicament, selon que le patient soit assuré au privé ou au public; les pharmaciens ne facturent pas les mêmes honoraires selon le type de régime; les enfants ne sont pas couverts gratuitement dans les régimes privés; la prime dans les régimes privés est calculée en fonction du risque du groupe d’employés et non pas selon le revenu de chacun; les entreprises qui n »offrent aucune protection à leurs employés profitent du régime public; etc.

La répartition des coûts d »un régime entièrement public pourrait se faire sur une base plus équitable, entre les employeurs, l »État et les assurés, la contribution de ces derniers étant modulée en fonction des revenus.

Parmi les appuis à un régime entièrement public d’assurance médicaments, mentionnons ceux de la Fédération des travailleurs du Québec, de la Centrale des syndicats du Québec, de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec et de l’Alliance du personnel professionnel et technique en santé et services sociaux, soit les principaux syndicats regroupant les employés du secteur de la santé et des services sociaux, ainsi que de nombreux organismes communautaires.

Source: Élisabeth Gibeau
Analyste,  politiques sociales et fiscales
514 521-6820

Autres informations

Notre mémoire «Pour un régime public universel d »assurance médicaments au Québec» (PDF) (juin 2009)

Notre communiqué du 9 avril 2010: «Prix des médicaments: Québec doit cesser le traitement de faveur accordé aux pharmaceutiques»

Rapport de recherche – septembre 2010
Argumentaire économique pour un régime universel d’assurance-médicaments
par le Centre canadien des politiques alternatives et l »Institut de recherche et d »informations socio-économiques (IRIS)

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