Montréal – 19 décembre 2012 – Quels sont les dossiers et les enjeux qui ont marqué l’année pour les consommateurs? Les politiques énoncées cette année n’ont pas comblé les attentes qui ont émergé du réveil citoyen au printemps dernier. Plusieurs hausses ont affecté le portefeuille des consommateurs, quelques  décisions ont touché positivement et négativement leurs droits. Résumons cette année riche en actions, mais malheureusement appauvrissante pour les ménages québécois.

Politique au Québec

Après la chute du gouvernement libéral, qui a surfé allègrement sur une vague de scandales, de hausses tarifaires tous azimuts et d’allègements fiscaux pour les mieux nantis, les consommateurs croyaient pouvoir reprendre leur souffle avec l’arrivée d’un gouvernement péquiste qui annonçait des mesures plus progressistes. L’équipe Marois apprend encore à conduire, reculant plutôt que d’y aller à fond vers les politiques sociales en faveur desquelles nous continuons de lutter.  Le nouveau gouvernement a respecté certaines de ses promesses de justice sociale et d’équité, comme l’annulation provisoire de la hausse des frais de scolarité, la fin de la règle de 15 ans sur les médicaments, qui favorisait les médicaments brevetés au détriment des génériques, ou l’ajout d’un palier d’imposition. Il s’est cependant embourbé lamentablement en santé, avec le maintien d’une taxe santé qui, malgré certains réaménagements, demeure régressive. En énergie, il tente d’imposer des hausses importantes des tarifs d’hydro-électricité dès 2013. Et rien n’est prévu pour que les revenus des consommateurs puissent augmenter de manière équivalente aux hausses effectives et annoncées.

Les institutions financières

Alors que le prix du panier de consommation continue d’augmenter de façon inquiétante (épicerie plus dispendieuse, hausses de la TVQ, du prix de l’essence, du prix du transport en commun, etc.), les institutions financières engrangent des profits mirobolants sur le dos des consommateurs. Comment? Notamment par la multiplication et la hausse des frais liés aux services financiers et aux transactions bancaires et en profitant de l’endettement record des ménages qui paient des sommes astronomiques en intérêts. Il y a eu un resserrement de la règlementation hypothécaire, mais aucune mesure sérieuse n’a été adoptée pour régler le problème de l’endettement des ménages canadiens.

Télécommunications et nouvelles technologies

Les coûts liés à la technologie continuent à augmenter, comme en témoignent les hausses des prix liés aux services de téléphonie, d’Internet et de télédistribution – nos services demeurent les plus chers au monde.  L’attrait des nouveaux appareils électroniques et informatiques entraîne une spirale inquiétante de surconsommation qui force les ménages à augmenter constamment la part de leur budget dédiée à ces secteurs.

Pendant ce temps, UC continue d’intervenir pour garantir l’accès gratuit aux chaînes télé de base dans le dossier du passage forcé vers la télé numérique, qui a connu son lot de problèmes que le gouvernement fédéral n’a pas su reconnaître ni régler. Le CRTC a cependant rendu une décision marquante pour les consommateurs : en refusant l’achat d’Astral par Bell, le CRTC a favorisé les intérêts des consommateurs. Reste à voir si le CRTC continuera à donner prédominance à l’intérêt public lors de ses prochaines décisions.

Comment aider les ménages en difficulté?

La littératie financière fait de plus en plus partie du vocabulaire des institutions financières et du gouvernement fédéral, qui parlent d’outiller la population pour lui permettre de faire des choix éclairés en matière de finances personnelles. Or, ce n’est pas tout d’éduquer et d’informer la population : une réglementation adéquate en matière de crédit et de services financiers sera toujours essentielle pour protéger les consommateurs, informés ou non.

L’éducation, c’est important. C’est pourquoi UC rappelle que des ACEF, partout au Québec, travaillent depuis près de 50 ans à conseiller les ménages québécois pour les aider à faire face aux défis de l’endettement et de la consommation responsable, tout en exigeant la mise en place de mesures législatives visant à assurer une réelle protection des droits des consommateurs. C’est en ce sens que nous allons poursuivre nos efforts, en tentant de faire remettre sur les rails le projet de loi visant à lutter contre le surendettement des consommateurs, projet de loi malheureusement mort au feuilleton l’été dernier et sur lequel nous avions déployé des efforts considérables.

La prise de conscience citoyenne et collective du printemps dernier et l’effervescence qui s’en est suivie ne sont que les premières étapes des progrès que nous pouvons et devons réaliser. Relevons nos manches face à ces défis inspirants.

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Info :   Philippe Viel, responsable des communications
Courriel : PViel@uniondesconsommateurs.ca
Téléphone : 514 521-6820, poste 257
Cellulaire : 514 743-0419

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