hausse des tarifsMontréal – 4 juin 2014 – Le gouvernement coupe les dépenses pour les services publics, hausse les tarifs des garderies et d’électricité, et refuse de considérer de nouvelles sources de revenus équitables et réalistes: Union des consommateurs est franchement déçue mais pas réellement surprise de ce premier budget de l’ère Couillard. Le ton est donné pour les prochaines années libérales. Ce sera l’austérité. Et tant pis pour la classe moyenne et les plus démunis!

Hydro-Québec
Le gouvernement veut maintenant s’approprier les trop-perçus et les gains d’efficience réalisés par Hydro-Québec, alors que la Régie de l’énergie avait décidé de les refléter en baisses de tarifs- cela camoufle en fait des hausses de tarifs pour les années à venir. Toujours en énergie: le gouvernement compte financer les projets d’électrification des transports à même nos tarifs – en même temps il consent un fond d’un milliard $ pour les secteurs des mines et des hydrocarbures en ramenant le Plan Nord. Finalement, les projets des mini-centrales coûteux pour les consommateurs mais payants pour les promoteurs privés, pour qui les profits seront garantis, sont remis sur les rails. Inéquitable, la tendance à utiliser Hydro-Québec comme vache à lait se confirme, au détriment d’une fiscalité plus progressive basée sur les revenus.

Mesures sociales
Hausse des tarifs de garderies : même si la hausse est moins importante que celle qu’avait proposée le Parti Québécois, l’indexation des tarifs ne garantit qu’une chose : la hausse perpétuelle et régressive des tarifs qui ne tiennent pas compte des revenus. Malgré ses promesses, le PLQ n’annulera pas la taxe santé, dénoncée même par le ministre Leitao. Les ménages de la classe moyenne et les familles à revenus modestes verront leurs dépenses s’alourdir par ces tarifs plus élevés et les hausses des taxes sur les cigarettes et l’alcool et ne verront en échange presqu’aucune bonification des sommes allouées pour les programmes sociaux: par exemple les mesures pour de nouveaux logements sociaux et pour lutter contre l’itinérance sont nettement insuffisantes. Et on s’attend au pire pour les taxes scolaires.

Le filet social s’étiole de plus en plus, et malgré tout le gouvernement refuse d’appuyer adéquatement les groupes communautaires qui aident la population et qui défendent ses droits. Le gouvernement a ignoré les propositions amenées par ces groupes, qui permettraient de garantir 10 milliards en revenus supplémentaires pour le gouvernement.

Malgré leur silence en période électorale, ce sont bel et bien des mesures d’austérité que les libéraux nous imposent. Au final, le gouvernement se prive volontairement de revenus, les ménages paieront plus et auront moins de services, notamment en santé et en éducation. Le gouvernement Couillard adopte une stratégie de redressement économique qui accentue les inégalités et qui va à l’encontre des recommandations des grandes institutions internationales comme le FMI ou l’OCDE. Qui sort gagnant de ce cercle vicieux?

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Pour information:
Union des consommateurs
Philippe Viel – Responsable des communications
514 743-0419
pviel@uniondesconsommateurs.ca

Montréal, 4 avril 2014

Cette campagne électorale 2014 aux mille dérives qui se termine déroute et laisse un goût amer pour Union des consommateurs (UC). En effet, un seul parti politique, Québec solidaire, a daigné répondre au questionnaire que nous avions fait parvenir aux quatre grands partis (1) – le Parti Québécois, le Parti Libéral du Québec et la Coalition Avenir Québec avaient, semble-t-il d’autres chats à fouetter que d’éclairer les consommateurs sur les enjeux qui sont au cœur de nos préoccupations (2) – et ce, malgré nos invitations officielles répétées et relayées même par les médias nationaux. Bien qu’incomplet pour ces raisons, nous tenons à faire un bilan : cette campagne n’aura malheureusement pas permis de débattre sérieusement des enjeux qui nous préoccupent.

Fiscalité et santé
UC estime que l’État a un rôle crucial à jouer pour redistribuer la richesse et prône l’adoption de solutions fiscales originales et réalistes (3) que les politiques d’austérité et le recours accru à des tarifications régressives. Nous avons demandé aux grands partis leur point de vue sur quelques-uns de ces enjeux, et notamment sur les questions qui touchent la santé.

Les positions exprimées dans les réponses que nous a données Québec solidaire indiquent nettement son approche progressiste : limiter la privatisation galopante en santé et mieux contrôler les dépenses en médicaments, freiner l’ajout des tarifs excessifs et régressifs, revenir à une approche fiscale plus progressive, qui s’attaquerait aux inégalités. Pendant la campagne, la CAQ et le PLQ ont répondu indirectement à nos questions : tous les deux, étonnamment, veulent abolir la taxe santé que nous décrions – le PLQ maintien vouloir privatiser de plus en plus de services en santé.

La lutte contre la pauvreté, la redistribution de la richesse, la remise en question des dogmes qui guident la fiscalité néolibérale : rien de cela ne fait partie du discours de la CAQ, du PQ ou du PLQ, trop occupés à vendre leurs politiques d’austérité et d’aide aux entreprises, et leur programme d’amincissement de la taille de l’État, agrémentant le tout de promesses d’éventuelles diminutions d’impôt.

Énergie et Hydro-Québec
UC s’est engagée fermement, devant la Régie de l’énergie et sur la place publique, contre les hausses des tarifs d’Hydro-Québec, dues en grande partie à des décisions politiques qui visent d’une part à augmenter les revenus du gouvernement par le biais de taxes déguisées, et d’autre part à financer l’industrie privée de l’éolien qui produit des surplus d’électricité inutiles.

Si ce n’est de Québec solidaire, qui nous a répondu vouloir abolir les hausses de tarifs d’électricité, de mettre fin au financement par l’entremise des tarifs des clients de tout projet de production d’électricité dont la finalité n’est pas de combler les besoins actuels de la clientèle québécoise ainsi qu’à l’ajout de capacité de production, et de ramener et maintenir le tarif patrimonial à un niveau qui reflète le coût réel de production, les partis politiques ne se sont pas penchés sérieusement ni sur les questions de production ni sur les questions de tarification de notre électricité.

Au cours de la campagne, la CAQ a dit vouloir limiter les hausses de tarifs d’électricité. Le PLQ et le PQ, artisans et acteurs de la situation actuelle, ne se sont pas prononcés ouvertement sur ces questions tarifaires. Pire : le PLQ a affirmé vouloir appuyer encore la construction de nouvelles mini-centrales hydro-électriques privées, alors que le Québec nage dans des surplus forts coûteux payés par nos tarifs.

Protection des consommateurs
La protection des consommateurs demeure le parent pauvre de cette campagne. Alors que les groupes de consommateurs du Québec, dont UC, ont pressé les deux derniers gouvernements à bonifier et à adopter la Loi visant principalement à lutter contre le surendettement des consommateurs et à moderniser les règles relatives au crédit à la
consommation et insisté pour que soit remis sur les rails un projet de loi pourtant bien amorcé, mais qui dort sur une tablette, le sujet du renforcement des lois de protection des consommateurs a été presque complètement ignoré par les partis en cours de campagne.  Seul QS, dans sa réponse à nos questions, réaffirme son engagement à mieux protéger les consommateurs, parmi les gens qui vivent des injustices.

Les discussions sur l’endettement des ménages ne doivent pas être limitées aux seules questions des revenus et des dépenses – et ça, aucun parti ne semble l’avoir compris ou vouloir en tenir compte, malgré les arguments que nous avançons. Aussi, seul QS s’est engagé à vouloir augmenter le financement de la mission de base des groupes de défense de droits – groupes qui aident la population sur ces enjeux préoccupants.

La question de la protection de la vie privée a pour sa part été effleurée par la CAQ et par QS, qui se proposent tous deux d’actualiser les lois provinciales pertinentes. Ces 2 partis se sont aussi prononcés en faveur d’un nouveau Plan numérique pour le Québec, favorisant l’apport du logiciel libre et garantissant un accès plus global à la haute vitesse pour l’ensemble des citoyens.

Bilan final
Cette campagne électorale, qui était une occasion démocratique d’avancer des projets, d’échanger des idées, de promouvoir des programmes visant à aider l’ensemble des citoyens, a été détournée au profit de discours vains, de demi-vérités, de sophismes. Et ce sont les citoyens québécois qui en sortent les plus grands perdants. Union des consommateurs souhaite que chaque électeur soit parvenu à percevoir, à travers ce chaos généré par les dogmatismes partisans et aveugles, une voix qui réponde à ses aspirations et qui respecte ses valeurs.

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[1] Campagne électorale 2014 – questions aux partis – Questions adressées au Parti Québécois, au Parti Libéral du Québec, à la Coalition Avenir Québec et à Québec solidairehttp://uniondesconsommateurs.ca/wp-content/uploads/2014/03/Elections_2014-UC-Lettre_aux_partis.pdf

[2] Pour avoir plus de détails sur l’ensemble de nos préoccupations, consultez notre Guide électoral : http://uniondesconsommateurs.ca/2014/guide-electoral-dunion-des-consommateurs-enjeux-et-debats/

[3] Solutions fiscales et mesures de contrôle des dépenses : http://www.nonauxhausses.org/wp-content/uploads/SolutionsFiscales.pdf

 

Montréal – 20 mars 2014 – Union des consommateurs a préparé une liste d »enjeux qui nous préoccupent dans le cadre de la campagne électorale québécoise. Nous vous invitons à les découvrir et à prendre connaissance des pistes de solution que nous préconisons sur ces différentes questions.

Nous animerons des débats sur 5 de ces thèmes sur Twitter (notre compte Twitter:  @union_conso) – débats auxquels nous vous invitons à participer!

Les thèmes sur lesquels nous avons interpellé les partis politiques:

1. Protection des consommateurs (débat Twitter le 26 mars, de midi à 14h00)

2. Santé (débat Twitter le 24 mars, de midi à 14h00)

3. Énergie (débat Twitter le 1er avril, de midi à 14h00)

4. Fiscalité (débat Twitter le 3 avril, de midi à 14h00)

5. Technologies (débat Twitter le 28 mars, de midi à 14h00)

6. Financement des groupes en défense collective des droits

Si vous voulez lire la lettre que nous avons fait parvenir aux principaux partis politiques pour leur demander de se positionner sur ces enjeux, vous pouvez cliquer ici pour la télécharger.

flahertyMontréal – 12 février 2014 – C’est malheureusement sans grande surprise qu’Union des consommateurs a pris connaissance de ce nouveau budget fédéral. Malgré le message pro-consommateur envoyé depuis le discours du Trône, on ne trouve dans le budget que mesures creuses, projets flous, et engagements vertueux dont la réalisation semble pour le moins douteuse. On n’y annonce en effet rien de concret en vue de défendre les consommateurs, et surtout, on semble oublier que ceux-ci sont aussi des contribuables et des citoyens durement affectés par les compressions de dépenses des dernières années, notamment à l’assurance-emploi.

Concurrence — où, quand et comment ?
Le gouvernement dit vouloir s’attaquer aux différences de prix qui pénaliserait les consommateurs canadiens comparativement aux consommateurs américains. Cet engagement est-il bien réaliste ? Outre une incitation à plus grande implication du Bureau de la concurrence, comment le gouvernement compte-t-il réellement intervenir sur ce terrain? Le Canada n’est pas les États-Unis. Si les différences de prix s’expliquent en partie par celles qui existent entre nos mesures sociales, nos salaires et avantages sociaux, etc., l’idéologie conservatrice incitera-t-elle le gouvernement à s’attaquer à nos acquis ? Si les écarts de prix sont causés par des marges de profit excessives, le gouvernement aurait-il le courage de plafonner les marges de profit des entreprises canadiennes, alors que la déréglementation à tout crin est son credo ? Bref, dans l’attente d’engagements concrets, cette annonce nous apparaît opportuniste, irréaliste, populiste et finalement vide de sens.

Télécom — nettement insuffisant
Les télécommunications, source de plaintes constante de la part des consommateurs, apparaissent bien sûr comme une cible de choix pour le gouvernement actuel. Donner au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) le pouvoir d’imposer des sanctions pécuniaires pour les fournisseurs qui ne respecteraient pas le Code sur les services sans fil est un pas dans la bonne direction. Il reste à espérer que ces sanctions seront assez substantielles pour avoir un effet dissuasif réel.

Cependant, le fait d’annoncer l’inclusion d’un «plafond aux tarifs d’itinérance de gros sur le marché intérieur» à la Loi sur les télécommunications est une mesure aussi incompréhensible que douteuse. Le gouvernement appuie, en apparence, la grogne des consommateurs; il semble toutefois se méprendre sur les enjeux réels   ̶  aucune mention, en effet, des frais d’itinérance internationaux   ̶  et tenter de s’attribuer à l’avance le mérite du travail qu’effectue actuellement le CRTC sur la question. Si le gouvernement souhaite à ce point aider les consommateurs de services de télécommunications, il devrait se contenter de modifier la Loi pour donner plus de dents au CRTC, un organisme indépendant qui semble justement vouloir s’attaquer aux problématiques de ce secteur et qui possède les expertises en ces matières, plutôt que d’empiéter maladroitement sur les compétences de ce tribunal.

Le gouvernement annonce aussi des investissements massifs afin d’inciter des entreprises à rendre Internet haute vitesse accessible dans les régions éloignées. Il s’agit malheureusement ici encore d’une « fausse » bonne nouvelle. Les investissements annoncés, s’ils sont susceptibles d’étendre l’accès, risquent fort de ne garantir que des services beaucoup plus coûteux en région que ceux qui sont offerts en zones urbaines, comme ce fut le cas auparavant dans le cadre d’un plan semblable, le programme Large bande Canada. De plus, la vitesse d’accès établie comme cible par le gouvernement est bien inférieure aux vitesses d’accès moyennes offertes dans les centres urbains. Ainsi, tout semble indiquer que les disparités entre les services offerts en ville et en régions éloignées et le prix de ces services continueront d’être importants. L’empressement du gouvernement à subventionner des entreprises de télécom est d’autant plus regrettable que cette problématique aurait dû être traitée par le CRTC, qui aurait pu imposer aux anciens monopoles une obligation d’offrir leurs services en région sans surcharge liée à l’éloignement. Pour aider véritablement les consommateurs, le gouvernement aurait mieux fait de laisser tout simplement l’organisme jouer son rôle et de lui donner, à cette fin, des outils plus acérés.

Services bancaires —  de vieilles promesses
Les consommateurs s’accordent sur un point : les frais bancaires sont trop élevés et les profits des institutions bancaires sont indécents. Et que fait le gouvernement pour s’attaquer à cette équation inéquitable? Absolument rien. Récemment, il a refusé d’imposer un plafond sur certains frais de transaction. Ce budget propose d’étendre l’accès aux services bancaires de base, mais se refuse encore à imposer aux institutions l’élimination des frais sur ces services. Est-ce que le fait d’imposer aux institutions l’obligation de mieux informer les consommateurs sur les frais bancaires et de paiement fera en sorte qu’ils paieront moins de frais bancaires? Voilà qui est hautement improbable. Le gouvernement invite les consommateurs à participer aux consultations sur un nouveau code de protection sur les enjeux financiers. Est-ce là une garantie de meilleures protections pour les consommateurs ? Nous en doutons. Les invitations à s’exprimer ne suffisent pas: encore faudrait-il que le gouvernement écoute et entende les consommateurs et qu’il fasse preuve d’une réelle volonté de s’attaquer aux problématiques qui sont mises de l’avant.

Le mur
Le contrat économique proposé par les conservateurs depuis plusieurs années n’a mené qu’à l’accroissement des inégalités au Canada. Les réductions d’impôts pour les grandes entreprises et les mieux nantis, le financement des industries militaire et pétrolière au détriment de l’environnement et de la population, le gel des transferts aux provinces, le démantèlement de plusieurs institutions de recherche et de mécanismes de protection des Canadiens : c’est dans ces gestes que nous voyons que, pour le gouvernement canadien, le consommateur est partout, mais surtout… nulle part. Décevant, insuffisant et racoleur, le plan économique des conservateurs reste flou et dénué de sens et ce budget n’est, pour ce qui est de la protection du consommateur, que poudre aux yeux.

Info : Philippe Viel, responsable des communications
Courriel : PViel@uniondesconsommateurs.ca
Cellulaire : 514 743-0419

Communiqué de presse

Montréal – 20 décembre 2013 – Pour Union des consommateurs, l’année 2013 en fut une de luttes acharnées contre les hausses des prix, des frais et des tarifs et contre les coupures dans les services et les prestations. Malgré quelques gains touchant, par exemple, l’accès à l’aide juridique et la téléphonie sans-fil, plusieurs décisions ont mené, ou mèneront sous peu, à de nouvelles ponctions dans le portefeuille des consommateurs. Voici un récapitulatif des faits marquants de l’année pour les consommateurs ainsi qu’un aperçu des enjeux qui seront sur notre écran radar en 2014.

Rétrospective 2013

Assurance-médicaments :
Notre campagne Pour un régime d’assurance médicaments entièrement public a gagné des appuis majeurs au cours de l’année : la CSN s’est ajoutée aux autres grandes centrales syndicales, la CSQ et la FTQ, et M. Jean Rochon ― ex-ministre de la Santé et des Services sociaux ― nous a également donné son appui. Rappelons que nous demandons au gouvernement de revoir le régime d’assurance médicament hybride actuel et d’adopter un régime universel entièrement public, qui permettrait notamment un meilleur contrôle sur les prix des médicaments au Québec. Lire la suite…