Communiqué
pour diffusion immédiate

Budget du Québec
Généreuses baisses d’impôt pour les ménages aisés, des miettes pour les classes moins fortunées

QUÉBEC, le 24 mai 2007 – L’Union des consommateurs estime qu’environ le tiers des ménages québécois ont carrément été oubliés dans le budget présenté aujourd’hui par la ministre Monique Jérôme-Forget et qu’un autre 20% des ménages ne bénéficiera que de baisses d’impôt minimes, laissant la part du lion aux ménages à revenu moyen-supérieur et à ceux des classes les plus riches. Il s’agit, selon l’organisme, d’un grave recul au chapitre de l’équité du régime fiscal et de la lutte à la pauvreté.

D’entrée de jeu, l’Union des consommateurs remettait en question la pertinence de baisser les impôts dans un contexte où les besoins sociaux sont criants et les ressources financières du gouvernement insuffisantes. En outre, le gouvernement du Québec sera désormais bien mal venu de réclamer davantage de fonds au gouvernement fédéral, quand une part importante des derniers transferts fédéraux associés à l’effort de règlement du déséquilibre fiscal sert à baisser les impôts provinciaux.

L’Union des consommateurs dénonce particulièrement la façon dont sont réparties les baisses d’impôt. Elle souligne que les ménages les plus pauvres n’en bénéficieront pas, tandis que les ménages à revenu moyen ne bénéficieront que de quelques centaines de dollars de plus dans leur poche, par exemple, 240 $ pour un couple ayant deux revenus de travail totalisant 65 000$. Ce sont les ménages les plus riches qui bénéficieront des baisses d’impôt les plus importantes, par exemple, près de 2000$ pour un couple dont les deux revenus totalisent plus de 175 000$ par an.

Le gouvernement compare les niveaux d’imposition du Québec avec ceux des autres provinces. Il oublie de mentionner que le Québec offre à sa population un niveau de service supérieur, par exemple, son réseau de garderies. L’organisme croit que les populations les plus vulnérables souffriront davantage des diminutions de services associées à cette volonté clairement exprimée par le gouvernement Charest de restreindre la taille de l’État. Il craint par ailleurs que les contribuables feront les frais de mesures régressives qu’amène le principe de l’utilisateur-payeur.

Ainsi, la volonté de réduire la dette par la «magie de l’or bleu», les exportations d’Hydro-Québec, laisse craindre de nouvelles hausses de tarif d’électricité.

De même, la nomination de Claude Castonguay à la tête d’une commission chargée de trouver des «solutions» au financement des soins de santé laisse craindre un rôle accru du privé et l’application d’instruments régressifs
comme le ticket modérateur ou le recours à l’assurance privée.

Au chapitre du financement des études post-secondaires, le budget mise sur des avantages fiscaux aux parents qui aident leurs enfants à étudier. Encore faut-il, dit l’Union des consommateurs, que notre enfant n’ait pas décroché au secondaire et que les revenus du ménage soient suffisants pour contribuer au financement des études. Et d’une autre main, le gouverment s’apprête à dégeler les frais de scolarité.

Pendant que le gouvernement améliore le sort des plus riches, les ménages les plus pauvres voient leurs revenus réels diminuer et subissent par surcroit les différentes hausses tarifaires: électricité, frais de scolarité, garderies, transport en commun, assurance médicament, etc.

Dans ses efforts pour diminuer les coûts de santé et assurer à long terme le financement de l’Etat, l’Union des consommateurs aurait souhaité que le gouvernement considère la lutte à la pauvreté comme l’une des solutions incontournables et non comme une dépense trop onéreuse.

L’Union des consommateurs est une fédération regroupant dix (10) Associations coopératives d’économie familiale (ACEF) ainsi que l’Association des consommateurs pour la qualité dans la construction (ACQC).

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Source: Charles Tanguay, dir.-adjoint, responsable des communications