Journée d’étude du 21 octobre 2010
Contrôle du coût des médicaments, une cible prioritaire pour les finances publiques

Revue de presse partielle

1-    Classe économique, Première Chaîne Radio-Canada : http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia=http://www.radio-canada.ca/Medianet/2010/CBF/ClasseEconomique201010211830.asx (à 20:28)

2-  MÉDICAMENTS: L’UNION DES CONSOMMATEURS PLAIDE POUR UN RÉGIME ENTIÈREMENT PUBLIC

La Presse Canadienne
à 10h41 HAE, le 21 octobre 2010.

MONTRÉAL – L’Union des consommateurs dénonce l’explosion des coûts du médicament au Québec et au Canada et plaide en faveur d’un régime entièrement public et de politiques pour forcer une réduction.

L’organisme note que le Canada vient au deuxième rang mondial en ce qui a trait aux coûts les plus élevés des médicaments et que le Québec est bon premier parmi les provinces canadiennes en ce qui a trait aux dépenses en médicaments, per capita.

Or, l’Union note que les pays qui ont institué des régimes entièrement publics et adopté des politiques de contrôle des coûts – notamment la France, le Royaume-Uni, la Suède et la Nouvelle-Zélande – ont vu leurs dépenses en médicaments chuter de 24 à 48 pour cent.

L’Union des consommateurs fait valoir qu’en ces temps de compressions budgétaires, les gouvernements ont tout intérêt à se pencher attentivement sur ces pratiques. Elle note que le coût annuel des médicaments s’élève, au Québec seulement, à 6,5 milliards $, dont la moitié est assumée par le gouvernement et que ces coûts ont augmenté de 10,5 pour cent par année depuis 20 ans.

Parmi les gestes qu’elle suggère, qui peuvent être posés en l’absence d’un régime entièrement public, l’Union propose une politique de fixation des prix et la fin de la protection de 15 ans sur les brevets, qu’elle qualifie de nettement exagérée.

L’organisme tient ce jeudi une journée d’étude pour se pencher sur le dossier et remettra une lettre signifiant l’appui de 130 organismes à ses positions au ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc.

3-    http://www.journalmetro.com/linfo/article/669464–les-quebecois-paieraient-leurs-medicaments-trop-cher

Les Québécois paieraient leurs médicaments trop cher

JENNIFER GUTHRIE
MÉTRO
Publié: 21 octobre 2010 17:12
Mis à jour: 21 octobre 2010 17:22

Le coût des médicaments a explosé au Québec en raison d’un contrôle des coûts insuffisant de la part du gouvernement selon l’Union des consommateurs L’Union propose un régime public universel d’assurance médicaments

Un régime public universel d’assurance médicaments permettrait aux Canadiens d’économiser près de 11 G$

Les Québécois sont les champions de la consommation des médicaments au Canada, selon ce que révélait jeudi l’Union des consommateurs. Malheureusement pour eux, la Belle province détiendrait aussi le pire bilan en terme d’explosion des coûts des médicaments au pays. Pour corriger la situation, l’Union des consommateurs propose de mettre sur pied un régime public universel d’assurance médicaments.

Cette avenue a été évoquée jeudi, au terme d’une journée d’étude sur le contrôle du coût des médicaments organisée par l’Union des consommateurs. Selon l’organisation, un régime public universel permettrait aux Québécois de profiter d’économies de l’ordre de 43 %. «La France, le Royaume-Uni, la Suède et la Nouvelle-Zélande ont mis sur pied des régimes publics universels d’assurance médicaments et les résultats sont impressionnants, a indiqué l’analyste des politiques de santé à l’Union des consommateurs, Isabelle Gibeau. Dans ces pays, la croissance des prix des médicaments est de deux à trois fois inférieure à celle qui prévaut ici.»

Une étude du Centre canadien de politiques alternatives et de l’Institut de recherche et d »informations socio-économiques (IRIS), publiée en septembre, avait conclu qu’un régime public universel d’assurance médicaments permettrait aux Canadiens d’économiser près de 11 G$. Une lettre, signée par 137 organismes, a été remise jeudi à Amir Khadir. Le député de Québec solidaire doit la livrer au ministre de la Santé, Yves Bolduc, la semaine prochaine. Il s’agira alors de la première prise de contact entre le ministre et l’Union des consommateurs sur le sujet du contrôle des coûts des médicaments.

4-    http://argent.canoe.ca/lca/affaires/quebec/archives/2010/10/20101021-113100.html

Le jeudi 21 octobre 2010
Peut-on réduire nos dépenses en médicaments de 42%?
21 octobre 2010 | 11h31
Mise à jour: 21 octobre 2010 | 15h47

Le Canada pourrait faire fondre ses dépenses en médicaments de 42,8% en adoptant un régime public universel d’assurance et de nouvelles politiques d’achat.

Cette conclusion frappante, tirée de l’Argumentaire économique pour un régime universel d’assurance-médicaments publié par l’Union des consommateurs, sert de point de départ lors d’une journée de débat tenue jeudi.

Cet événement tenu par l’Union des consommateurs porte sur les moyens à prendre pour réduire les coûts et les contrôler à l’avenir.

Le document note que le Canada a dépensé 25,4 G$ en médicaments d’ordonnance en 2009. La hausse s’élève à 10% par année depuis 1985. Au Québec, les médicaments ont coûté 6,5 G$ en 2008.

L’Union des consommateurs croit que l’on peut dégager des économies de taille en se dotant d’un régime 100% public. Le gouvernement deviendrait l’acheteur unique des médicaments.

D’autre part, l’Union des consommateurs dénonce les politiques canadiennes en ce qui a trait aux médicaments de marque. Ces politiques s’alignent sur les prix élevés aux États-Unis, en Suisse, en Suède et en Allemagne. On prône plutôt l’appel d’offres pour se donner un pouvoir de négociation.

C’est ce qu’explique Charles Tanguay, porte-parole de l’Union des consommateurs. «Si l’État devenait acheteur unique, il aurait une poigne beaucoup plus ferme pour contrôler les coûts. Je pense que c’est une solution très intéressante pour quelqu’un qui veut assainir les finances publiques.»

D’autre part, les régimes privés sont accusés de ne pas contrôler les coûts car leur rémunération est établie en pourcentage des dépenses. Leurs frais d’administration sont de 8% alors que ceux du public s’élèvent à seulement 2%.

M. Tanguay souhaite aussi s’attaquer aux prix payés pour les médicaments d’origine. Le Québec accepte de payer le plein prix pendant 15 ans. «On a une politique qui favorise indument l’industrie du médicament d’origine. Ça crée peu d’emplois. La recherche et développement est en baisse. Il faut réduire les privilèges de l’industrie pharmaceutique.»

L’Union des consommateurs propose donc un «scénario de rêve». Le régime universel et l’achat concurrentiel feraient tomber les dépenses de 42,8% ou de 10,7 G$ par année au Canada. La quasi-totalité des économies proviendrait des prix moins élevés.

Afin d’affirmer que le système fonctionne, on cite à maintes reprises l’exemple de la Nouvelle-Zélande. Ce pays de l’Océanie aurait ainsi limité la croissance de ses dépenses de médicaments à 0,5% de 1996 à 2004.

Une idée vertement critiquée

François Lessard, porte-parole de l’association Les compagnies de recherche pharmaceutique au Canada, critique le concept proposé.

«Les médicaments d’origine, réagit-il, ne représentent pas une dépense mais un investissement pour le système de santé. Le Québec a fait le choix de favoriser un meilleur accès pour que tous les Québécois soient couverts par une assurance.»

M. Lessard préfère affirmer que ce sont les génériques qui coûtent trop cher. «Le Bureau de la concurrence conclut que si les médicaments génériques étaient vendus à un prix concurrentiel, les Canadiens économiseraient 800 M$ par année.»

Concernant le modèle néo-zélandais, le porte-parole estime qu’une réduction des dépenses a eu des conséquences fâcheuses. «Ce que nos adversaires ne disent pas, c’est que dans d’autres secteurs de la santé, il y a eu plus de visites à l’urgence. Les frais ont augmenté. Ce n’est pas une bonne idée de réduire l’accès aux médicaments, mais pas du tout.»