Communiqué de presse
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Télécommunications
Les groupes de consommateurs demandent au Cabinet de renverser la décision sur la hausse des tarifs des téléphones publics

Montréal, le 31 juillet 2007 – L’Organisation nationale anti-pauvreté (ONAP), le Centre pour la défense de l’intérêt public et l’Union des consommateurs ont demandé hier au Cabinet fédéral de renverser la décision du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) qui autorise Bell Aliant, Bell Canada, MTS Allstream et Sasktel à doubler le prix des appels locaux effectués à partir des téléphones publics, le faisant passer de 25 à 50 cents.

La requête demande au Cabinet de rescinder cette décision qui autorise la hausse des prix et de retourner le dossier au CRTC avec des instructions. La requête demande que, lors du réexamen des tarifs des téléphones publics, le CRTC «tienne compte de l’effet d’une augmentation des tarifs sur tous les utilisateurs et particulièrement sur les Canadiens à faible revenu.»

La requête cite un sondage national de 1127 Canadiens, réalisé pour le PIAC en juillet 2007, avec une marge d’erreur de ±3,2 %, 19 fois sur 20, dans lequel 75 % des répondants ont signalé que «50 cents est un prix trop élevé pour un appel local à partir d’un téléphone public.»

Le CRTC a autorisé cette augmentation de 100% dans le cadre d’une décision plus large sur la téléphonie locale, au cours de laquelle les entreprises ont refusé de rendre publics les coûts et les revenus de leurs services de téléphones publics. «Le CRTC semble avoir adopté intégralement la vision des entreprises, qui considèrent que les téléphones publics représentent un marché comme un autre», remarque John Lawford, avocat pour le PIAC. «Ce n’est pas le cas. Les téléphones publics représentent un service essentiel pour les Canadiens et particulièrement pour les ménages à faible revenu qui ne possèdent pas de téléphone à domicile. Ce sont ceux qui sont les plus durement touchés par les augmentations de tarifs, et le CRTC laisse ici les compagnies doubler les prix du jour au lendemain. C’est irréfléchi et nous demandons au gouvernement de s’imposer et de dire que c’est injuste.»

Le CRTC a justifié sa décision d’augmenter les tarifs par sa crainte que les compagnies retirent ceux des téléphones publics qui ne leur rapportent pas suffisamment de profit. «Le CRTC s’accorde avec les compagnies qui considèrent justifié de réclamer plus d’argent des Canadiens les plus pauvres que de quiconque en vue de financer le système de téléphones publics», remarque Charles Tanguay de l’Union des consommateurs, «mais il n’exige même pas en échange que les compagnies s’engagent à maintenir les téléphones existants».

Le CRTC place en fait la totalité du coût des téléphones publics – qui représentent en réalité une partie importante d’un réseau plus vaste de services téléphoniques et sociaux – à la charge des seuls utilisateurs, notes Michael Janigan, avocat principal du PIAC et conseiller de l’ONAP. «Comme nous le mentionnons dans la requête, puisque les téléphones publics font partie du vaste réseau de téléphonie, leurs coûts devraient aussi être supportés par le biais des tarifs résidentiels et commerciaux de l’ensemble des services.»

L’Organisation nationale anti-pauvreté est un organisme à but non lucratif non partisan qui représente l’intérêt des ménages canadiens à faible revenu.

Le Centre pour la défense de l’intérêt public est un organisme à but non lucratif qui offre des services légaux et de recherche dans l’intérêt des consommateurs, et particulièrement des consommateurs vulnérables, dans le domaine des services publics importants.

L’Union des consommateurs est un organisme à but non lucratif. Sa mission est de promouvoir et défendre les droits des consommateurs, en prenant en compte de façon particulière les intérêts des ménages à revenu modeste. L’Union des consommateurs effectue des recherches et représente les intérêts des consommateurs auprès de diverses instances politiques, réglementaires ou judiciaires et sur la place publique..

Une copie de la requête (anglais seulement) est disponible en ligne au http://www.piac.ca

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Source: Charles Tanguay
Responsable des communications