Protection de la vie privée en ligne: les consommateurs comme acteurs

Protection de la vie privée en ligne: les consommateurs comme acteurs

Les Canadiens utilisent Internet plus que jamais. Pour travailler, étudier, s’informer, se divertir, magasiner, interagir avec les autres, etc. Internet donne accès à quelque 1,88 milliard de sites Web. 1,2 milliard de recherches par an sont effectuées sur Google. 70 millions de publications sont diffusées chaque mois sur WordPress. Plus de 306 milliards de courriels sont échangés quotidiennement. Près de 350 000 publications éphémères sont diffusées sur Instagram chaque minute.

Ces chiffres ont de quoi étourdir… et inquiéter. Parce que l’utilisation d’Internet à large échelle n’est pas sans conséquence pour l’exercice du droit à la protection de la vie privée. Une quantité inimaginable de renseignements personnels sont actuellement collectés en ligne, exploités ou vendus par des entreprises, alors que les personnes concernées n’ont que très peu de contrôle sur ces activités.

Cette situation préoccupe de plus en plus les consommateurs d’ici et d’ailleurs. Notre rapport offre une perspective canadienne sur la question.

De manière générale, nous constatons que la protection des renseignements personnels est actuellement perçue comme l’élément dominant et prioritaire de la protection de la vie privée des consommateurs en ligne, bien que la distinction entre renseignements dits privés et publics se complexifie de plus en plus.

Notre sondage confirme que les préoccupations des consommateurs relativement à l’accès et à l’utilisation non autorisés de renseignements personnels financiers en ligne sont importantes et les craintes relatives au vol d’identité sont omniprésentes. Les opinions sont moins tranchées et beaucoup plus confuses lorsqu’il est question des autres risques pour la vie privée en ligne (suivi et profilage, publicité ciblée, pourriels, comportements dangereux sur les médias sociaux, etc.).

Les consommateurs se disent fortement préoccupés, mais se sentent impuissants; le peu de comportements de protection qu’adoptent les consommateurs en vue de protéger leurs renseignements personnels en ligne a de quoi surprendre (et inquiéter).

Deux grandes armes défensives s’offrent aux consommateurs : les lois de protection des renseignements personnels dans le secteur privé et les technologies d’amélioration de la confidentialité disponibles en ligne. Les chapitres qui leur sont consacrés dans notre rapport font ressortir certaines faiblesses importantes de ces deux ressources. Problèmes de notoriété, d’abord, pour les technologies d’amélioration de la confidentialité en ligne, puis de méfiance, et de crainte face à la complexité perçue de leur utilisation.

Les quatre lois applicables au secteur privé présentent quant à elles des limites d’application importantes, qui rendent certains des droits qu’elles y prévoient quelque peu utopiques. Les lois actuelles sont d’une insuffisance flagrante pour ce qui est de remédier à l’inégalité du rapport de force et d’information entre les parties qui fait obstacle à l’exercice par le consommateur du droit de regard qui se veut l’élément central de ces lois.

Nous concluons notre rapport par une série de recommandations qui portent principalement sur la réforme éventuelle des lois canadiennes en matière de protection des renseignements personnels dans le secteur privé. Nous y identifions certains changements incontournables, tels que l’adoption d’une approche centrée sur la reconnaissance et la protection des droits de la personne et la mise en place d’une obligation pour les entreprises d’offrir par défaut le plus haut niveau de protection des renseignements personnels.


Voir le rapport complet

Protection de la vie privée en ligne: les consommateurs comme acteurs
(Octobre 2021 – 203 pages)

Rapport final

Sommaire

Online Privacy Protection: Consumers as Agents
(October 2021 – 188 pages)

Final report

Executive summary

 

Rapport de recherche réalisé par Union des consommateurs et présenté au Bureau de la consommation d’Innovation, Sciences et Développement économique Canada.

Union des consommateurs a reçu du financement en vertu du Programme de contributions pour les organisations sans but lucratif de consommateurs et de bénévoles d’Industrie Canada. Les opinions exprimées dans ce rapport ne sont pas nécessairement celles d’Innovation, Sciences et Développement économique Canada ou du gouvernement du Canada.